Petits pas, grandes rencontres [Chronique presque quotidienne du Berger des Mureaux]
Épisode 247 — Restaurer la terre Restaurer l’espoir
Nous voici de retour aux Mureaux, après une semaine en Haute-Loire, Foi, Amour, Grâce et Joie retrouvent leurs rues, leurs habitudes et surtout leurs habitants. À peine les clochettes résonnent-elles dans le quartier que les portes s’ouvrent, des enfants sortent en courant. « Ça fait tellement longtemps qu’on ne vous a pas vus ! »
Mais quelque chose a changé : la semaine dernière, en Haute-Loire, les brebis retrouvaient de l’herbe verte. Ici, tout paraît sec et même très sec.
En regardant de plus près, je découvre quelque chose de fascinant.
Toutes les plantes ne souffrent pas de la même manière de la sécheresse.
Certaines ont des racines profondes, elles vont chercher l’eau beaucoup plus loin que les autres. La luzerne, elle, se dresse encore fièrement au milieu de prairies complètement desséchées.
Et autour de certaines plantes vivantes, le vert revient. Comme si elles profitaient de l’eau remontée par les racines de leurs voisines. Une plante qui aide une autre à vivre. Je ne vois plus seulement un paysage de sécheresse, mais de résistance, de profondeur et d’interdépendance.
Ce 17 Août s’ouvre en Mongolie la COP17 sur la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse. Son titre pourrait être une prière : «Restaurer la terre. Restaurer l’espoir. » Près de 77 % des terres mongoles sont aujourd’hui affectées par la dégradation. Le message porté par cette COP ne s’arrête pas au constat, il parle de restauration, de résilience et de coopération, de sols à régénérer …
On restaure ce qui permet à la vie de revenir, et je me demande si cela ne vaut pas aussi pour nous. Il y a des sécheresses que l’on voit et d’autres que personne ne voit. Une terre peut sembler morte alors que, sous la surface, des racines trouvent encore l’eau.
Un être humain peut sembler épuisé alors qu’au fond de lui quelque chose espère encore. Un quartier peut sembler abandonné, et pourtant… Il reste parfois une racine, une rencontre, une parole, une présence, quelqu’un qui croit encore que la vie peut repartir.
Dans le livre d’Osée, il est question d’un chemin qui passe par le désert, pas pour y rester, mais pour y être rejoint. Peut-être que certains déserts de nos vies sont aussi des endroits où nous pouvons réapprendre à écouter, à creuser nos racines vers la source, comprendre que nous ne sommes pas autonomes et que nous avons besoin les uns des autres.
🌿 À chaque pas, les brebis nous rappellent que la vie sait parfois puiser plus profond que nos yeux ne peuvent le voir.
— Jean-Marc, berger urbain avec 🐑 Foi 🐑 Amour 🐑 Grâce et 🐑 Joie, ses 4 brebis
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