La parabole de la ville dans la vallée

La parabole de la ville dans la vallée

Un texte proposé par Claude Escala en réponse au post du Berger des Mureaux https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7422888843571490817

Il était une ville bâtie dans une vallée.
Au début, les chemins suffisaient. Les hommes marchaient, travaillaient, se croisaient.
Mais avec le temps, la ville grandit, et les chemins devinrent étroits.

Les routes se remplirent.
Les carrefours se bloquèrent.
Et bientôt, plus personne n’arrivait à l’heure.

Les puissants disaient :
« Partez plus tôt. »
Les sages disaient :
« Soyez patients. »
Mais ceux qui vivaient en bas de la vallée perdaient leurs journées,
et parfois leur travail.

On finit par accuser les hommes.
Mais le problème n’était pas les hommes.
C’était le chemin.

Alors certains proposèrent d’élargir les routes.
Mais la vallée était déjà pleine.
D’autres proposèrent de réserver des voies rapides.
Mais seuls quelques-uns y avaient accès.

Un jour, un homme se leva et dit :
« Ne poussons plus dans la foule.
Ne creusons pas plus profond.
Élevons un chemin. »

Ce chemin ne dominait pas la ville.
Il ne faisait pas d’ombre aux maisons.
Il ne choisissait pas qui pouvait l’emprunter.

Il passait au-dessus de l’encombrement,
doucement,
sans bruit,
sans lutte.

Et tous y montaient de la même manière :
le pauvre comme le riche,
le fort comme le fatigué,
celui qui avait perdu espoir comme celui qui en avait encore.

Alors on comprit ceci :

S’élever n’était pas fuir la vallée.
C’était libérer ceux qui y étaient coincés.

L’élévation n’était pas un privilège.
C’était un service.

Et les hommes recommencèrent à arriver à l’heure.
À l’heure pour travailler.
À l’heure pour apprendre.
À l’heure pour être reconnus.

La dignité leur fut rendue,
non parce qu’ils avaient changé,
mais parce que le chemin était devenu juste.

Jean-Marc aimait cette parabole.
Parce qu’elle disait exactement ce qu’il croyait depuis toujours :

Aider les plus défavorisés,
ce n’est pas leur demander de faire plus d’efforts,
c’est enlever ce qui les empêche d’avancer.

Et quand il regardait Supraways,
il n’y voyait pas une machine au-dessus de la ville,
mais un chemin d’élévation humble,
tendu pour que chacun puisse aller plus loin,
sans être laissé en bas.